Wallonie,
chasse aux chômeurs ?
Si on commençait par
déclarer: "Dans une
société solidaire et responsable il n'y a rien de
choquant à demander à un chômeur de chercher un
travail ou de suivre une formation". Y compris en Wallonie (sud de Belgique) région au taux de chômage record de plus de 18%.
(On ne devrait même pas avoir à le demander).
Jusqu'il y a peu, ce qui semble une
évidence
n'était pas compris par la législation en Belgique.
Les chômeurs se trouvaient répartis en trois
catégories: les cohabitants, les isolés et les chefs de
ménage.
Si la notion de chômage de longue durée existait bien,
seuls les cohabitants pouvaient se voir exclus des allocations de
chômage pour chômage de longue durée.
On a peine à comprendre pourquoi soudain ce chômage de
longue durée n'avait aucun effet sur les deux autres
catégories (isolés et chefs de ménage).
Ce qui en découlait ?.
Une forme de discrimination (et même à l'égard des
plus faibles, les cohabitants recevant les plus faibles des allocations
de chômage. Sans oublier, pour les plus motivés, que le
fait de travailler parfois et même très peu de temps
augmente aussi un peu les revenus et bien plus fortement les risques
d'exclusion du chômage! ).
Les uns pouvant considérer le chômage comme une situation
stable et y rester, l'allocation de chômage devenant une rente,
un droit sans devoirs (y compris celui de chercher un travail, puisque
le chômage de longue durée ne les concernait pas, ou de
suivre une formation).
A ce stade, s'agit-il encore de solidarité ou de l'institution
d'un privilège ?
Après des décennies,
une modification vient
d'être apportée à la législation en Belgique. Elle consiste à considérer
que tout chômeur a à chercher un travail et peut
être sanctionné s'il refuse.
Ce qui provoque chez certains des réactions de rejet virulentes:
"Stop à la chasse aux chômeurs !".
Confond-t-on la chasse et le devoir vis-à-vis d'une
société solidaire et responsable ?.
On pourrait poser la question quel chômeur isolé (ou chef
de ménage) accepterait un travail à mi-temps
rémunéré 694€/mois alors que son allocation
de chômage minimale est de 736,84€ (877,24€ pour un
chef de ménage) ? et dire "Stop au travail à mi-temps
pour 694€/mois !".
On pourrait aussi poser cette même question pour un travail
à plein-temps rémunéré à
1190€/mois alors que l'allocation de chômage maximale est de
854,88€/mois pour un chômeur isolé (1025,70€
pour un chef de ménage) ? et dire "Stop au travail à
plein-temps pour 1190€/mois !".
En regardant (et en comparant avec les autres chiffres) le montant
mensuel de 669,92€ d'une pension minimale de retraite d'un
travailleur indépendant (avec carrière complète),
les montants mensuels des allocations familiales (1er enfant) :
75,54€ (salariés), 38,42€ (indépendants),
114,00€ (chômeurs) on pourrait dire:
"Stop
à un système
qui ne favorise pas le travail !".
Salaires minimums mensuels (source
eurostat)
Belgique: 1186€ , France: 1197€, Luxembourg: 1403€, NL :
1265€, UK : 1146€
P. Gillon - 2005

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